Fiche – Ami

Fiche – Ami

Il évangélise par contagion : d’un relationnel facile, il privilégie les liens d’amitié pour répondre aux besoins des personnes et cherche à faciliter leur approche de Dieu et de la communauté chrétienne.

Des exemples dans la Bible

  • La grande fête organisée par Matthieu dans Luc 5. Juste après sa conversion (vv. 27-29), Matthieu invite tous ses amis collecteurs d’impôts à une grande réception, durant laquelle il leur présente Jésus. C’est sa façon d’évangéliser : mettre en relation à travers les amitiés.

Verset-clé

  • 1 Corinthiens 9, 22 : « C’est ainsi que je me fais tout à tous, afin d’en conduire au moins quelques-uns au salut par tous les moyens ».

Des personnalités contemporaines

  • Jean Vanier, Romain & Rena, Madeleine Delbrel, Charles de Foucault,
  • Des groupes et communautés dont l’amitié est un fondement : Communauté du Rocher, Aux Captifs la Libération, Points Cœur, petits frères et sœurs de l’Agneau.

ou des saints

  • Saint François de Salle : il vantait les mérites des amitiés vraies quand elles ne sont pas mondaines.

Quelques traits de caractère et éléments de spiritualité

  • En général d’une conversation facile, l’Ami a un contact aisé avec les autres,
  • Son relationnel est facile, il est empathique,
  • Il s’intéresse aux personnes, est compatissant, se souvient de ce qui lui a été dit quand il prend des nouvelles, manifeste son attention,
  • Orienté vers l’amitié, il se montre généreux et sait partager des moments simples de la vie : bon vivant, heureux de vivre, il sait être naturel dans toute situation relationnelle,
  • Il ne complique pas les choses et sait être entreprenant,
  • Dans son approche, il met l’accent sur les gens et leurs besoins, il n’est pas avare de son temps.

Les types de missions particulièrement adaptés : « il évangélise par contagion »

  • C’est le style qui convient le mieux à l’évangélisation de l’Oïkos : c’est-à-dire son environnement proche (famille, travail, commerçants du quartier, école, amis et connaissances…),
  • Tous les parcours en petits groupes conviennent très bien puisque l’importance du lien fraternel est majeur pour ce type de rencontres : cellules, parcours Alpha, parcours Zachée, préparation aux sacrements, catéchisme, éveil à la foi, accompagnement du deuil,
  • Les événements paroissiaux et locaux où son sens de l’accueil et son bon contact peuvent entrainer les autres à entrer en relation avec les « nouveaux ».

Des points de mise en garde

  • L’Ami peut se contenter un peu facilement de la situation présente et ne pas forcément être très enclin à une dynamique d’annonce explicite,
  • Il peut réduire l’annonce de la Bonne Nouvelle à la sympathie et la générosité,
  • Il peut donner la priorité à l’amitié et éviter le conflit parfois aux dépends de la vérité,
  • Parce qu’il est fidèle en amitié et très entouré affectivement, l’Ami évite parfois de se remettre en cause et peut aller jusqu’à justifier des actes ou situations pas très évangéliques,
  • Pour préserver le lien avec les personnes loin de la foi, il est susceptible d’avoir une perception des règles de l’Église corrélée aux situations particulières de ses amis : c’est une sorte de dérive compassionnelle qui part d’un bon sentiment mais peut aussi déclencher des révoltes intérieures… voire extérieures !
  • L’Ami peut se prendre pour le sauveur des autres et se rendre indispensable, jusqu’à se positionner comme une personne clé dont on ne peut se passer. Cela peut lui conférer une sorte d’emprise sur les autres et entrainer un manque de respect de ce qu’ils sont,
  • Manifester son attention vis-à-vis des personnes est certes un fondement de l’évangélisation, mais il s’agit d’éviter que la délicatesse dans l’amitié ne conduise d’une manière ou d’une autre à « rougir du Seigneur » par le silence ou la « complicité mondaine ».

Quelques suggestions et pistes de progrès

  • Veiller à s’investir dans la relation, sans jamais perdre de vue le but ultime : amener les gens à connaître le Christ,
  • Ne pas s’attendre à des résultats immédiats (ce mode est plus graduel et requiert de la patience),
  • Rechercher les occasions où les conversations pourront être amenées sur des sujets spirituels : saisir les perches et en tendre,
  • Ce style nécessite souvent un jumelage avec d’autres pour effectuer un passage vers l’invitation et le témoignage en fonction des opportunités,
  • Chercher à développer de nouvelles relations : collègues, sport, association, etc., et entraîner la communauté chrétienne à élargir son cercle de contacts,
  • S’exercer à annoncer le kérygme et préparer son témoignage (quelques minutes) afin d’être prêt quand l’occasion se présente,
  • S’appuyer sur d’autres évangélisateurs pour « passer le relai ».