Voici quelques éléments pour préciser l’état d’esprit de la démarche missionnaire : cela consiste à mettre en œuvre ce que nous recommande le Pape François :
« (J’adresse) un appel à chaque chrétien, pour que personne ne renonce à son engagement pour l’évangélisation, car s’il a vraiment fait l’expérience de l’amour de Dieu qui le sauve, il n’a pas besoin de beaucoup de temps de préparation pour aller l’annoncer, il ne peut pas attendre d’avoir reçu beaucoup de leçons ou de longues instructions. Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour de Dieu en Jésus Christ » (La joie de l’Evangile)
Donc la seule certitude dont nous rendons témoignage est celle d’avoir vécu une rencontre personnelle avec le Christ, d’avoir expérimenté à quel point il nous aime et il nous sauve. Il ne s’agit pas de transmettre un savoir, d’être supérieur, bien entendu : il s’agit de partager une expérience car nous avons effectivement la conviction qu’elle rejoint la recherche inconsciente de chaque personne, image de Dieu, créée par Dieu, qui va à Dieu. Il nous faut bien entendu été très vigilant sur la manière de transmettre, et à nous adapter aux situations.
Ce que nous savons, et sur ce point le pape est très clair – à la suite de ses prédécesseurs et de tant et tant de chrétiens et de missionnaires depuis les premiers siècles apostoliques – c’est que Jésus est vivant et que cela change notre vie. Comme le dit encore le pape : « Ceux qui se laissent sauver par Jésus sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement » (La joie de l’Evangile) et cela ça se partage ! Le baptisé est donc appelé à en témoigner avec enthousiasme : « Sachez privilégier en premier lieu ce qui est essentiel et nécessaire, c’est-à-dire la beauté de l’amour de Dieu qui nous parle en Christ mort et ressuscité » (16/11/13). Et le pape ne mâche pas ses mots lorsqu’il insiste : « Quand nous ne confessons pas comme Pierre ‘Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant’, nous ne sommes pas disciples et ministres du Seigneur : nous sommes des mondains» (15/3/13)
Notre présupposé théologique vis-à-vis de l’évangélisation est clair, ancré dans la mission que le Christ a confié à ses disciples « Faites des disciples dans le monde entier ! » et le magistère de l’Eglise depuis les Actes des Apôtres : « Il n’ y a pas d’évangélisation véritable si le nom, le mystère, l’Evangile, … de Jésus-Christ n’est pas annoncé » donc proposé explicitement (cf. Paul VI, Evangelii Nuntiandi). Avec un immense respect des personnes, l’intention du missionnaire est de conduire chacun au Christ (et lui le premier !)
C’est pourquoi ce ‘test’ se base sur des attitudes missionnaires différentes et complémentaires, ancrées dans le Nouveau Testament et l’expérience de l’Eglise apostolique ; il est donc tout à fait logique que chacun se retrouve dans certaines, pas dans d’autres. Elles ne doivent pas être vues en opposition, mais au contraire comme complémentaires.
Cet outil est conçu pour élargir la perception des différents modes missionnaires, c’est donc d’abord au travers de nos contacts que nous annonçons la joie de l’Evangile. Certes nous savons ce que nous annonçons (l’Evangile) et qui nous annonçons (le Christ Sauveur), sinon nous n’avons rien à dire en effet. Par exemple les chrétiens n’ont en rien le monopole de la charité !
Pour le reste chacun avance pas à pas avec sa foi sans doute plus fragile encore qu’une graine de moutarde, et ses questions… et c’est infiniment respectable. Mais lorsque l’on est amoureux vous conviendrez qu’il n’est pas envisageable d’en parler en disant que peut-être, pourquoi pas, cette personne aimée pourrait être l’amour de ma vie… Soit on l’aime et on a envie de le dire au monde entier… soit on n’aime pas et en ce cas, on garde pour soi ses opinions.